
Emilia Schmitt
Docteure, chercheuse senior
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Objectif de la revue. Cette revue examine la manière dont les questions d’équité sont prises en compte dans les cadres et lignes directrices du True Cost Accounting (TCA). Elle analyse les méthodes utilisées pour mesurer et valoriser l’(in)équité dans le secteur agroalimentaire. Elle identifie les lacunes et propose des premières pistes pour renforcer l’intégration des considérations d’équité dans les futures applications du TCA. Résultats récents. Les attentes sociétales en matière de droits humains et de comportement éthique dans la production et la consommation alimentaire ne sont que partiellement satisfaites par les pratiques ESG des entreprises dans le monde. Le TCA, issu du reporting en durabilité, fait face à des défis supplémentaires pour intégrer les différentes dimensions de l’équité. Résumé. L’intégration d’indicateurs d’équité dans le TCA fournit des informations essentielles pour orienter les investissements et l’élaboration de politiques publiques. Pour réaliser une analyse complète, des statistiques fiables, des indicateurs et des indices agrégés sont nécessaires pour évaluer les résultats en matière d’équité. Le TCA doit intégrer des indicateurs d’équité dans le pilier du capital social, adaptés aux différents groupes sociaux et liés à des indicateurs fondés sur les droits. Résumé
Le True Cost Accounting for Food (TCAF) est proposé comme une approche holistique pour transformer les systèmes alimentaires. Cependant, les études appliquées au niveau des produits restent rares. Cette étude propose une approche complète du TCAF à l’échelle du produit. Nous examinons le pain produit et consommé en Suisse en évaluant trois modes de production (agriculture conventionnelle, extensive et biologique) et deux types de blé (raffiné et complet). En menant une analyse de cycle de vie (ACV), complétée par des méthodes d’évaluation de la biodiversité, des moyens de subsistance et de la santé, cette recherche vise à fournir une évaluation globale des impacts de la production du pain. L’étude élargit les approches actuelles du TCAF en intégrant davantage d’indicateurs au niveau du produit et met en avant l’importance de la biodiversité et des impacts sanitaires liés aux risques alimentaires. Les résultats révèlent des différences importantes de coûts entre les trois pratiques agricoles. Les coûts les plus élevés sont associés aux impacts sur la biodiversité et la santé. La consommation de blé complet est bénéfique pour la santé, notamment en raison de la sous-consommation de céréales complètes dans l’alimentation suisse typique. Résumé
La méthodologie du True Cost Accounting for Food (TCAF) vise à quantifier les externalités environnementales, sociales et sanitaires générées par les systèmes alimentaires, de la production à la consommation. Une application possible consiste à ajuster les prix en magasin pour refléter les « vrais coûts », favorisant une transition vers des systèmes alimentaires plus durables. Comprendre les connaissances et attitudes des consommateurs à l’égard du TCAF est essentiel, car les attitudes influencent les comportements. Dans ce cadre, cette étude analyse les déterminants d’une attitude favorable au TCAF en Suisse. Un sondage en ligne a été réalisé en juin 2024 et incluait des questions sur l’approche TCAF, le vrai prix, les motivations alimentaires et des caractéristiques sociodémographiques. Les données de 224 répondants ont été analysées. Les résultats indiquent une faible connaissance préalable du TCAF parmi les résidents suisses. Toutefois, après avoir reçu des informations, les répondants ont montré une attitude positive envers le TCAF et l’idée de vrais prix afin de réduire les externalités sanitaires, environnementales et sociales. Les résultats des régressions montrent que la confiance dans le TCAF et dans l’approche du vrai prix influence fortement les attitudes positives. Le sens de la protection de l’environnement est également associé à une attitude positive. De plus, les participants favorables au TCAF accordent davantage d’importance au paiement des externalités qu’aux questions d’accessibilité financière. Cette étude constitue une première étape pour comprendre l’acceptabilité et la faisabilité de l’implémentation du TCAF en Suisse. Les acteurs des chaînes de valeur alimentaires peuvent utiliser ces résultats pour soutenir la transition vers des systèmes alimentaires plus durables. Résumé
Introduction. La mise en œuvre de solutions « de la ferme à la table », prenant en compte l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire, est nécessaire pour répondre à la diversité des enjeux posés par les systèmes agroalimentaires. Du côté de la production, l’agriculture biologique constitue l’une des principales alternatives proposées. Toutefois, les interactions entre l’expansion de l’agriculture biologique et la généralisation des changements alimentaires fondés sur des recommandations nutritionnelles à l’échelle nationale n’ont pas encore été étudiées. Méthodes. Cet article présente une modélisation par produits de la production alimentaire domestique suisse à l’horizon 2050, déclinée en quatre scénarios afin de comparer les impacts environnementaux de la production biologique et de la production tendancielle, ainsi que de deux recommandations alimentaires, à savoir le régime EAT-Lancet et la pyramide alimentaire suisse. Une approche d’analyse du cycle de vie est ensuite mobilisée pour évaluer les impacts environnementaux liés au climat, aux écosystèmes, aux sols et à l’épuisement des ressources. Résultats. L’ensemble des scénarios présente des impacts environnementaux inférieurs à ceux de la situation actuelle projetée à l’horizon 2050, principalement en raison des changements alimentaires. Malgré des rendements plus faibles, une production 100 % biologique demeure réalisable lorsqu’elle est combinée à des évolutions des régimes alimentaires. L’agriculture biologique peut toutefois s’avérer plus impactante que l’agriculture conventionnelle dans certains cas. Discussion. Les résultats montrent que la mise en œuvre conjointe du régime alimentaire le plus favorable et de modes de production alternatifs peut générer des interactions imprévues, soulignant la nécessité d’une approche systémique. Résumé